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Παρασκευή, 21 Αυγούστου 2020

L’archimandrite Victor, s’est endormi dans le Seigneur à l’âge de 81 ans


 

L’archimandrite Victor, fondateur et premier higoumène du monastère de la Dormition de la Mère de Dieu (La Faurie), est décédé ce matin à 7h30 le jour de son anniversaire, après avoir souffert pendant 19 ans de la maladie de Parkinson. Les offices des funérailles présidés par le métropolite Emmanuel seront célébrés ce mercredi : la divine liturgie à 8h30 et l’office d’enterrement à partir de 11h00.

Le saint monastère de la Dormition de la Mère de Dieu, fondé en 1978, et érigé canoniquement en 1982, se place sous l’omophore de la Métropole grec-orthodoxe de France, dépendante du Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Le père Victor, Joseph Raïsi avant d’embrasser la vie monastique, était professeur de philosophie à Marseille.  En 1970, il achète une ferme en ruine avec un hectare de terres. La première liturgie eucharistique y est célébrée par le père Cyrille Argenti en 1971, à l’occasion d’un camp de scout hellénique. Un an plus tard, un nouveau poste obtenu à Gap permet au jeune Joseph de consacrer son temps libre à la retraite spirituelle en s’installant de manière définitive à Notre-Dame. Les fidèles ont gardé en mémoire la liturgie du 17 août 1972, où le père Pierre Koppel inaugure au nord du hameau l’ancienne bergerie transformée en chapelle. L’été, les grandes vacances sont occupées laborieusement au travail ascétique de restauration d’un bâtiment dédié à la Dormition de la Mère de Dieu, lieu de culte principal (jusqu’en 2007) ayant donné son nom au monastère. Un choix plus radical cependant se fait sentir à la fin de l’année 1974, où, à l’occasion d’un pèlerinage à Jérusalem, le fondateur se sent appelé à embrasser la vie monastique. Fin novembre 1976, la première visite pastorale orthodoxe à Notre-Dame, effectuée discrètement par Monseigneur Mélétios, alors métropolite pour la France, va bénir la constitution d’une association cultuelle (publiée au J.O en 1977) et confier le jeune Joseph à la paternité spirituelle du père Benoît, higoumène du monastère orthodoxe de la Dalmerie près de Lodève. Ce dernier va en peu de temps former son fils spirituel, lui donner l’habit monastique et le tonsurer à l’été 1978 sous le nom de Victor, saint martyr de Marseille.

Lorsqu’après son ordination à la prêtrise le 20 septembre 1981, père Victor reçoit par lettre canonique la bénédiction de la métropole d’accueillir des novices, le centre de culte établi dans la commune de La Faurie est devenu un monastère. La première génération de moines qui résident à Notre-Dame de 1982 à 2000 ne dépasse jamais la dizaine mais fait une œuvre très conséquente pour poursuivre les travaux de l’église et créer un cadre matériel propice à organiser la vie communautaire : réfectoire, cellules et communs sont restaurés où construits ex nihilo pendant ces années-là. Sous la houlette du fondateur, père Victor, deux chapelles supplémentaires à la fin des années 1980 seront aménagées dans le bâtiment d’origine. L’une à l’intérieur des locaux au premier étage sera dédiée à saint Nicolas pour perpétuer la tradition liturgique orthodoxe établie à l’Argentière où existait dès l’entre-deux guerres une chapelle russe homonyme. Le démantèlement de l’usine et le départ des ouvriers russes entrainera la fermeture de ce premier lieu de culte orthodoxe des Hautes-Alpes. En outre, père Victor héritera du mobilier liturgique, d’un ornement et d’une croix, ayant été utilisés par saint Alexis Medvedkov (1867-1934). Enfin, l’autre chapelle dédiée à saint Martin, sera aménagée lors de la restauration du soubassement d’un autre bâtiment attenant au premier ensemble. Elle sera inaugurée le 11 novembre 1987 par Monseigneur Stéphane, co-fondateur et actuellement métropolite d’Estonie, ordonné évêque au début de cette même année ; par la suite ce lieu de culte, plus proche et moins froid, sera utilisé en hiver. Un an plus tard pour consacrer l’église haute dédiée à la Dormition et organiser à cette occasion un rassemblement où les principaux higoumènes de France seront présents. L’évènement sera répété en décembre 1991, et verra à l’issue de la seconde journée le 17 du même mois l’intronisation officielle de Père Victor en tant qu’Higoumène par le nouveau Métropolite, Mgr Jérémie.

Une dizaine d’années après son érection canonique, la communauté qui rayonne sur l’extérieur et veut protéger son enceinte monastique, ne pérennise pas l’expérience du Centre Culturel qu’elle établit en 1989 à Saint Pierre d’Argençon, préférant poursuivre les travaux d’un local dans Manosque, ville du dernier poste d’enseignement de Père Victor, qui devient le « métochion » Saint-Cassien, dépendance du monastère et lieu de culte pour les fidèles orthodoxes des Alpes de Haute Provence et des environs. La liturgie est célébrée actuellement une fois par mois.

En 2006, les moines ont construit une nouvelle église, devenue l’église principale (katholikon), inaugurée pour la Saint Basile, le 1er janvier 2007. De plan basilical simple, elle est entièrement couverte de fresques, et les offices y sont tous célébrés en français, chantés sur des mélodies byzantines. Un important travail d’adaptation du chant byzantin en langue française a été fait sous l’impulsion du second higoumène. La consécration de l’église principale, dédiée à la Sainte Sagesse de Dieu, fut effectuée lors de la fête de la mi-Pentecôte, le 9 mai 2012.


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